Etats "voyous" et empires du mal


English

  • Page d'accueil (My Home Page)

  • Le Monde en Faits (World Fact Book)

  • Cartographie générale (Quick Maps)

  • Autoroute de
    . l'immigration (Immigration Superhighway)

    Index de Classification Industrielle Normalisée (Standard Industrial Classifications [SIC] Index)

    Index du Dictionnaire des Titres de Fonctions (Dictionary of Occupational Titles [DOT])

    . Vos impressions (Feedback)











    [RETOUR]

    • Etats "voyous" et empires du mal

      http://www.photius.com/rogue_nations English


      Par Photius Coutsoukis © 2002 Tous droits réservés.
      L'auteur consent à la reproduction et la republication de cette page à la condition que son contenu ne soit pas modifié.

      L'expression "Etats voyous" (en anglais, "rogue states" ou "rogue nations") fleurit depuis quelques années dans les médias, tout particulièrement aux Etats-Unis.

      L'opinion publique tend de plus en plus à considérer les Etats-Unis comme un Etat A l'occasion de son Discours sur l'Etat de l'Union en début d'année 2002, le Président George W. Bush a mentionné devant les parlementaires rassemblés l'existence d'un "axe du mal" passant par l'Iran, l'Iraq et la Corée du Nord. On se rappelle que l'administration Reagan avait déjà créé et employé le terme "d'Empire du mal" pour désigner l'Union Soviétique avant sa dissolution.

      Iraqi President Saddam Hussein greets Donald Rumsfeld, then special envoy of President Ronald Reagan, in Baghdad on December 20, 1983. Assourdi par le vacarme des "Sus aux Etats "voyous" !" et des "Vive l'Amérique, notre grand et beau pays !", confondu par le manque total d'objectivité des médias sur l'état des droits de l'Homme aux Etats-Unis, et choqué par l'ignorance dans laquelle le grand public américain se trouve de l'unilatéralisme politique systématiquement pratiqué par son gouvernement, je me sens l'obligation morale de dire ici quelques vérités fondamentales sur le jeu diplomatique international des Etats-Unis.

      Cette page s'enrichira régulièrement d'informations nouvelles, notamment sur le tristement célèbre système judiciaire américain, et de quelques rappels historiques sur un certain passé fort peu glorieux des Etats-Unis.

      La Terre n'a pas de pain ? Mais qu'elle mange de la brioche ! Avant de marquer un Etat au fer rouge du vocable de "voyou" ou "d'agent de l'axe du mal", considérons, voulez-vous, quelques faits.

      Jusqu'ici, ni les critiques dont les Etats-Unis ont parfois fait l'objet pour leurs abus contre les droits de l'Homme, ni leur impopularité croissante dans le monde n'ont eu d'effets sur leur attitude. Bien au contraire, la situation des libertés individuelles sur le front domestique a même empiré depuis quelques mois.

      Hormis la Somalie (privée de réel gouvernement), les Etats-Unis sont la seule nation à ne pas avoir ratifié la Convention universelle des droits de l'enfant, alors que jamais traité n'a été si rapidement signé et si largement adopté par le concert des nations.

      Les Etats-Unis n'ont pas non plus signé les protocoles d'application de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Ces deux raisons expliquent leur éviction de la Commission des droits de l'Homme de l'ONU à Genève, cause pour laquelle j'ai personnellement et à titre individuel (n'appartenant à aucune organisation) fait campagne.

      Rappelons également que les Etats-Unis ne sont pas signataires des traités de création du Tribunal interaméricain des droits de l'Homme.

      Saddam Hussein Par son retrait d'une commission chargée depuis 7 ans de formuler des méthodes de mise en oeuvre du traité d'interdiction des armes chimiques et bactériologiques, l'Amérique a provoqué l'échec des travaux de cette commission. Motif invoqué ? Autoriser l'inspection d'usines américaines pourrait porter préjudice aux intérêts concurrentiels et financiers des Etats-Unis. Colin Powell fait aujourd'hui la tournée des chefs d'Etat pour leur demander d'appuyer un nouveau protocole "Made in USA"... que le reste du monde se soucie fort peu de signer. [Réactualisation : les Etats-Unis menacent aujourd'hui d'attaquer l'Irak, sous prétexte que ce pays serait doté d'armes biologiques qui, ô surprise, lui ont été initialement fournies par... les Etats-Unis].

      Les Etats-Unis ont d'abord violé puis annoncé leur intention de se retirer du traité ABM.

      Les Américains (et Israël) ont quitté la Conférence mondiale contre le racisme récemment tenue à Durban, qui a aboutit à une déclaration commune de tous les pays participants.

      Ils ne veulent pas non plus signer le Traité d'interdiction des mines terrestres anti-personnel.

      Ils ont signé mais promis de ne jamais ratifier le Traité de Kyoto sur le réchauffement de la planète. Nous avons vu sur CNN le Vice-Président américain, Dick Cheney, faire peu de cas de la menace de l'effet de serre en expliquant que le "peuple américain ne peut être tenu de remettre en cause le mode de vie qui est le sien".

      Dans la même veine, les Etats-Unis se sont retirés de la commission chargée de mettre au point un système de vérification du respect du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, nullifiant de facto tous les efforts des pays participant à la commission.

      Edifiant Les Etats-Unis n'ont pas ratifié le Traité international de droit maritime, entré en vigueur en 1994 et qui réglemente l'ensemble de l'activité économique sur les océans. En revanche, ils n'ont pas hésité à se prévaloir des dispositions de ce traité relatives à la souveraineté côtière lors de l'incident de la collision de l'un de leurs avions de reconnaissance et d'un appareil de la chasse chinoise.

      Désécration du drapeau américain en Allemagne

      Rappelons également que les Etats-Unis avaient signé en 1989 la Convention de Bâle régulant le transport international de déchets dangereux à destination des pays en voie de développement dont l'appareil législatif protège encore peu l'environnement. Or en 2001, l'administration Bush a indiqué qu'elle envisageait de ratifier le traité initial, mais non la version amendée de 1995 qui interdit purement et simplement ces transferts de déchets.

      De même, les Etats-Unis ont signé mais non ratifié la Convention de Stockholm sur les polluants organiques durables, qui limite l'utilisation de 12 produits chimiques courants connus pour provoquer des cancers, des malformations de naissance et autres problèmes médicaux, comme la dioxine et les PCB.

      Infâmie Ils entendent aujourd'hui dénier à leurs prisonniers de guerre les droits garantis par les Conventions de Genève en réinterprétant ces dernières et en contournant insidieusement leur propre Constitution. La Commission interaméricaine sur les droits de l'Homme a condamné cette position et, si les Etats-Unis n'avaient pas habilement évité de ratifier les traités créant le Tribunal interaméricain des droits de l'Homme, celui-ci les aurait condamnés à son tour.

      Autre camouflet infligé à la communauté internationale : les Etats-Unis s'efforcent de placer sur une voie de garage une nouvelle version d'un traité international contre la torture dont la préparation a demandé dix ans.

      Le drapeau américain brûle aux Philippines Se peut-il que 6 milliards d'individus aient tort et que seuls les Américains puissent avoir raison ? Comment s'étonner dès lors que les Etats-Unis fassent l'objet d'attaques terroristes ? Pensez-vous que le reste du monde verserait de vraies larmes si, par accident, terroristes et Américains s'éliminaient mutuellement ?

      En d'autres termes, les Américains se considèrent comme les arbitres ultimes du bien et du mal, alors que leur propre société est un champ de bataille où criminalité et drogue côtoient immoralité et manque d'humanité, et que la plupart des Etats américains refusent d'autoriser les vérifications d'ADN postérieurement à une condamnation alors que ces tests conduisent à faire libérer des dizaines d'innocents dans les rares Etats où ils sont autorisés.

      Faut-il s'étonner d'entendre dire qu'Exxon, l'une des grandes majors pétrolières, aurait fait pression auprès du président George W Bush pour qu'il boycotte l'événement  [Sommet de la Terre 2002], jugé liberticide, anti-globalisation et anti-occidental. Nous applaudissons votre décision de ne pas participer en personne à cet événement, indique une lettre signée par 31 poids lourds du Parti Républicain et représentants de groupes de pression conservateurs, financés pour bon nombre d'entre eux par Exxon. Dans mon propre cas, j'ai découvert que je ne pouvais faire appel de décisions judiciaires américaines auprès de forums internationaux, les Etats-Unis s'auto-excluant de leur juridiction. Ainsi, alors qu'il est possible à quiconque estimant que ses droits ont été foulés au pied en Belgique, au Pérou ou au Pakistan par exemple, de chercher réparation contre ces gouvernements à Genève ou (dans les pays de l'hémisphère ouest) devant le Tribunal interaméricain des droits de l'Homme, il n'existe aucun recours pour ceux dont les droits ont été violés aux Etats-Unis.

      Dans un entretien accordé à la radio il y a quelque temps, je prédisais que les Américains seraient un jour réduits en poussière ; le journaliste qui m'interrogeait avançait que si tel était un jour le cas, il faudrait encore attendre "plusieurs générations". Nous étions alors à deux mois à peine du 11 septembre.

      Le drapeau américain brûle au Salvador A l'évidence, l'Amérique étant profondément convaincue de sa vertu et de son bon droit, et étant de facto LA super-puissance, il est peu probable que son gouvernement décide de changer d'attitude. Celui-ci la prépare à subir une Apocalypse qui risque bien de l'absourdir par son ampleur et sa rapidité.

      Plutôt que de fustiger les abus commis ailleurs contre les droits de l'Homme, il est grand temps pour les Américains de réaliser que leur nation est aujourd'hui au nombre des rares pays à refuser leurs droits fondamentaux à leurs prisonniers de guerre, et que justice et société civile ne sont plus chez eux que décors à la Disney.



        Order Flags at Theodora's Flag Shop





        Saisissez ici votre adresse électronique pour recevoir la prochaine version de cet article.
        Votre adresse électronique :

        Nous vous remercions de votre soutien, grâce auquel notre site a reçu une distinction.
        N'oubliez pas de placer cette page parmi vos FAVORITES - - - - -


        Révisée le 6 mai 2002
        © 1995-2002 Photius Coutsoukis et Information Technology Associates (Tous Droits Réservés).


        021213